Accueil News Article News

Gadji Céli sort de sa réserve

Publie le vendredi 27 décembre 2019

En exil depuis 9 ans, l’artiste Gadji Céli aborde, le 28 décembre prochain, un nouveau virage des activités qui l’occupent hors de son pays natal, la Côte d'Ivoire. Avant ce concert qui, pour de très nombreux mélomanes, reste la plus grosse affiche des fêtes de fin d’année, l’artiste a accepté de s’ouvrir à Soir-Info. Pour vous, il parle de son actualité. Et tout y passe.

Comment va Gadji Céli, depuis son exil ?

Bien. Je vais très bien...

Aujourd’hui, quelle est votre actualité ?

Je dirai que de mon exil, j’ai sorti des singles en duo. D’abord avec Rocky Gold, « Y a rien dans jalousie », et avec Nesly, « Besoin d’amour ». Mais avant ça, à mon arrivée, j’ai sorti d’autres singles comme « Libérez Gbagbo ». Et en 2016, j’ai sorti un album qu’on appelle « Points sensibles ». Vous savez que « Points sensibles » est l’album qui lance aujourd’hui mon mini-album (Maxi Single) qui s’appelle « Prolongation ».

« Prolongation », c’est combien de titres ?

Ce sont quelques titres de « Points sensibles » revisités et un ancien titre qui a fait son bonhomme de chemin, qu’on appelle « You Tamalemi ». Puis, deux titres très nouveaux qui figureront d’ailleurs dans le prochain album qui va sortir en 2020-2021. Voici donc un peu l’actualité discographique de Gadji Céli.

Et qu'en est-il des spectacles ?

En ce qui les concerne, je suis sollicité tous les week-ends et j’essaie, tant bien que mal, de respecter mes engagements. Je suis sollicité par des personnes qui organisent des mariages, par des associations à participer à des soirées, à des dîners-gala, par des promoteurs de spectacle. Aujourd’hui, j’ai décidé de faire du live. Je dirai donc que c’est la plus grande actualité. Ce sera le 28 décembre 2019 au Dock Haussmann (Paris / Aubervilliers). Ce sera l'occasion de rentrer dans 2020 avec un Gadji Céli renouvelé, très bien dans ses habits d’artiste, qui revient avec ses live.

« Prolongation », qui vient à peine de sortir, représente quoi pour vous ?

« Prolongation », il faut le dire, se situe entre « Points sensibles » et le prochain album de Gadji Céli dont le titre reste à définir, et  qui va sortir entre 2020 et 2021. Cela pour dire aux mélomanes, à mes fans, que les inspirations existent encore dans cet esprit. Et qu’en cours de chemin, en allant réaliser ce nouvel album après « Points sensibles », je présente quelques titres qui vont figurer sur ce prochain album. Et je vais même revisiter des titres que les gens n’ont pas eu l’occasion d’écouter.

Pourquoi choisir de revisiter des titres ?

Parce qu'une bonne écoute d’un album, c’est quand même 3, 4 ans. Voilà. Donc j’ai choisi comme ça, 1, 2, 3 titres dans ce qui est passé, et j’offre quelques nouveaux titres. 

Quels sont ces anciens titres ?

Il y a par exemple « Ancien feu » qui va figurer sur « Prolongation ». Il faut tout de suite signaler que « Ancien feu » a été beaucoup apprécié et demandé par les mélomanes.

Y aura-t-il une caractéristique particulière à cette chanson ?

Oui. On a décidé de séparer les deux parties de cette chanson qui, dans un premier temps, nous donne une Rumba à l’ivoirienne, et dans un deuxième temps, un semblant d'Afro-zouk. En clair, nous l'avons faite en Afro-zouk et une autre version qui est complètement Rumba, pour servir ainsi les deux publics.

Peut-on avoir une idée d'un nouveau titre dans « Prolongation » ?

« Prolongation » est composé de cinq (05) titres, avec un qui s’appelle « Ça cache quoi ?».

De quoi parle exactement ce titre ?

Il parle de cadeaux, de la façon d’approcher les belles femmes. Ce qu’on leur propose quand on les approche. Comment elle se comporte et comment on doit se comporter plus tard, quand on a fini de les draguer, de les approcher, de les conquérir.

Qu’est-ce qu’il faut présenter comme visage à ces femmes-là ?

Continuer de leur faire des cadeaux ou arrêter. Mais est-ce la meilleure façon que celle d'arrêter, parce qu’on les a conquises ? Non... Je pense qu’il faut respecter la femme. Quand tu l’approches et que tu lui fait des cadeaux, il faut continuer à le faire, il faut l’habituer à cela. Elle a accepté tes avances, alors, elle mérite encore plus de cadeaux, que lorsque tu la draguais. C’est mon avis.

Pouvez-vous nous instruire sur un autre titre de ce mini-album ?

Bien entendu. Il y a un autre titre dénommé « Je déclare », qui parle d’amour. Précisément d’un homme fou amoureux de sa femme. Une femme dont on dit pourtant de pires choses, parfois inventées, mais qui ne l'ébranlent pas. C’est l'homme, en fait, qui aime sa femme, qui ferme les yeux sur tout ce qu’il entend et surtout sur ce qu’il voit. Il aime sa femme. Point !

« Prolongation » sera-t-il disponible à Abidjan ?

Oui, il sera distribué en Côte d’Ivoire par le maestro Antonio Dawendji. Lui qui nous a fait un excellent travail avec l'album « Points sensibles ».Je pense qu'en ce moment même, s’il y a deux ou trois meilleurs distributeurs, il en fait partie. J’ai été satisfait du travail qu’il a abattu. Aujourd’hui, je lui ai confié ce mini-album et je pense qu’il va faire un travail énorme. Parce que c’est quelqu’un qui est très bien, très professionnel et il me l'a montré.

Vous avez dit que votre plus grosse actualité du moment, est le concert que vous donnez le 28 décembre prochain. Quelle est donc la particularité de ce spectacle ?

C’est que, depuis que je suis parti de Côte d’Ivoire, j’ai arrêté de jouer mon répertoire en live. Aujourd’hui, j’ai décidé de le faire. Je pense que c’est une particularité. Gadji Céli revient sur le podium, pour tester ses capacités vocales, ses prestations scéniques. Je pense que c’est une particularité, après 9 ans de silence. Mais pas que ça…

Ah oui ?

Bien sûr. Il y a aussi que ce concert est placé sous le signe de la réconciliation que je prône, depuis que nous sommes partis de Côte d’Ivoire.

Que dites-vous justement de cette réconciliation ?

Nous avons souhaité que les Ivoiriens se retrouvent, qu’ils se parlent, qu’ils essaient de surmonter ce qui leur est arrivé. Qu'ils s’acceptent, s’écoutent et se comprennent. Je pense que la Côte d’Ivoire ne doit pas être un gâchis. C'est un pays où il faisait bon vivre. Et je souhaite que la vie que les Ivoiriens ont connue, la belle vie dont tout le monde parle, revienne dans notre pays.

On entend que la question de la réconciliation est aussi liée à celle des exilés… Un mot là-dessus ?

En tout cas, je souhaite que tous les exilés retournent en Côte d’Ivoire, que tous les prisonniers reviennent chez eux à la maison. C’est cela mon souhait, et je pense que c’est le souhait de beaucoup d’Ivoiriens. Je mets donc ce concert sous le signe de cette réconciliation et de ce sacrifice à faire, pour comprendre l’autre. Voilà un peu sous quel signe je place ce concert, à côté de celui de mon retour sur le podium.

Vous serez accompagné à ce concert par votre orchestre « Le King-fusion ». Est-ce le groupe que l'on a toujours connu avec vous ? Ou enregistre-t-il plutôt d'autres membres ?

« Le King Fusion » qui m’accompagne, est un grand orchestre qui regorge de musiciens de valeur, d’expérience aussi comme « Vieux Briscard », comme « Christian ». Ce sont des musiciens qui ont beaucoup d’expérience comme le percussionniste. C’est vrai qu’il y a de jeunes loups, mais il y a un encadrement de chefs. Aux répétitions, ils ont sorti le maximum, le meilleur d’eux, et chacun essaie d’apporter ce qu’il peut apporter.

On parle aussi de grands noms, n'est-ce pas ?

Effectivement. Ici en France, le groupe est devenu « Le King Fusion International », avec des doyens comme Bilé Armand, Freddy Assogba qui vient de temps en temps écouter, jauger, corriger. Il y a David Tayoro qui s’y met également. Donc, c’est un groupe qui est bien encadré. Il s’améliore de jour en jour, et je puis assurer qu’il donnera le meilleur.

Doit-on alors s'attendre à un grand spectacle le 28 décembre prochain ?

Bien sûr... Sachez qu’il y aura au programme, tous mes hits, tous mes tubes… Et tous les artistes invités, à la hauteur de l’événement, se sont déjà signalés.

Il est de plus en plus question de réconciliation en Côte d'Ivoire, et vous disiez placer votre spectacle du 28 décembre, sous le signe de cette réconciliation. Et pourtant, il semble que vous ayez refusé en novembre dernier, de jouer à la rentrée politique du Rhdp-France. Qu’en est-il ?

Considérez que Gadji Céli est un artiste de Côte d’Ivoire et s’il a des propositions d’un promoteur de spectacle, il se fera fort de participer au projet de ce dernier. Je suis ici en exil par rapport à des choses politiques, et quand ces spectacles touchent à la politique, il est quand même important que je sache de quoi il est question exactement.

Mais sur la question précise, que dites-vous exactement ?

Je peux me permettre de jouer à un spectacle de personnes du Rhdp prises individuellement, mais pas à leur rentrée politique qui a une signification véritablement politique. Je pense que vous me comprendrez...

En clair ?

En clair, je ne joue pas à toutes les rentrées politiques, sauf à celles qui épousent mon combat. N'oubliez pas que je suis ici dans un combat pour la liberté, la dignité, l'indépendance de mon pays, de mon continent. Je paye le prix fort en étant en exil. Il y a des partis politiques qui mènent les mêmes combats que celui pour lequel je suis ici en exil. Je peux me permettre de venir chanter à leurs rentrées politiques.

Que doit-on comprendre là ?

Parce que je souhaite simplement que leurs idéaux gagnent du terrain et que nous gagnions ensemble le combat de nos idéaux. C’est dire pourquoi, il m’est difficile d’aller jouer à une rentrée politique d’un parti opposé aux partis de mes idéaux. Néanmoins, il est bon de souligner qu’il y a des manifestations du Rhdp ici à Paris, où je suis venu chanter. Je me rappelle comme ça, d’une soirée de mon frère Dramane Cissé du Denguélé. Il y a eu aussi celle de mon frère Diaby Lanciné, Dg du Fonds d'entretien routier (Fer).

Mais n'est-ce pas le même Diaby Lanciné qui est venu organiser la rentrée politique du Rhdp ici en France, à laquelle vous avez été invité pour jouer?

Je le sais. Sauf que là, il s’agissait d’une rentrée politique de son parti. Difficile pour moi d'y jouer. Je viendrai un jour à leur rentrée politique, si tout est clair. Ce que je demande et souhaite ainsi, c’est que tout le monde soit libéré, que tout le monde rentre chez lui. Là, je viendrai chanter à une rentrée politique de ceux qui sont opposés à ceux avec lesquels je travaille aujourd’hui.

Qui sont ceux avec qui vous travaillez ?

Je l'ai dit, ceux qui mènent le même combat que moi. Je citerais le Fpi, l’Ung, le Cojep et bien d’autres partis qui sont vivement attachés à nos valeurs, nos idéaux, ceux que nous défendons. Eux, je peux jouer à leurs rentrées politiques.

A quand la fin d'exil et le retour au pays pour Gadji Céli ?

Très bientôt. Je pense que nous allons retourner très, très bientôt….

Le bruit court qu’on vous a récemment vu sur les réseaux sociaux en train de promouvoir le pagne du Rhdp d'Alassane Ouattara. Vrai ou faux, cette histoire ?

Il ne m’a jamais été proposé de présenter ce pagne Rhdp et je ne l’ai donc jamais fait. Par contre, Mme Topo Léontine, une patriote de la résistance de Paris, qui a voulu commercialiser un pagne à l’effigie du Président Laurent Gbagbo, pour préparer son retour au pays, m’a fait la proposition de poser avec ce pagne. Chose que je me suis fait fort de réaliser et qui a sûrement fait le tour des réseaux sociaux. P as celui du Rhdp.

Parlant d'actualité politique, comment avez-vous perçu les récentes rencontres Bédié-Gbagbo et Blé Goudé-Soro Guillaume, autrefois « ennemis » ?

Toute rencontre pouvant unir les Ivoiriens me sied. Pourvu qu’elle réconcilie la Côte d’Ivoire.

De quoi rêvez-vous pour la Côte d’Ivoire ?

Les retrouvailles des fils et filles du pays sur la terre de nos ancêtres et la liberté de vivre pour tous les Ivoiriens

Évoquons un tout autre domaine dans lequel vous avez été un acteur majeur. A savoir, le football. Quels commentaires faites-vous de la candidature de Didier Drogba à la présidence de la Fif, et de celle de Kalou Bonaventure dont on parle également ?

C’est légitime à mon sens. Ces deux anciens footballeurs ont marqué de leurs empreintes, le football à l’internationale. Ce sont des joueurs qui ont servi le drapeau national. Déjà, c’est une grosse innovation en Côte d’Ivoire, qu’un footballeur de renom décide d’être président de la fédération. C’est de bon augure pour les acteurs que nous avons été et pour ceux qui sont en activité en ce moment.

Quels conseils pouvez-vous leur donner ?

Je trouve qu’ils devraient s’entendre et faire bloc autour d’un seul candidat, pour avoir plus de chances de vaincre. Car, les autres candidats sont de vieux loups. Je les soutiendrai tous les deux, en tout cas. Toutefois, mon candidat sera celui de l’Asec Mimosas. Car, n'oubliez pas, je suis vice-président dans le Conseil d’administration de l'Asec dirigé par maître Roger Ouégnin.

 Réalisée par Blaise BONSIÉ

Source: Infodrome


Lire aussi

INFOS GAZOILS

Kikkar Awards 1ère édition
Le samedi 01 mai 2021 : A 19h
Festival du Riz de Côte d’Ivoire (FESTIRIZ CI)
Du vendredi 23 avril 2021 au dimanche 25 avril 2021 :
Village de Pâques
Du samedi 03 avril 2021 au lundi 05 avril 2021 : A partir de 10h
Kouté Village, Espace terrain noir
Bouaké Paquinou Festival 2021
Du vendredi 02 avril 2021 au lundi 05 avril 2021 : Au Centre Culturel Jacques Aka
Kerozen en concert de l'élévation
Le samedi 20 mars 2021 : A 16h
Nous Suivre

NEWSLETTER